Tu me fais chier

Tu me fais chier.

Tu le sais. Tu en fais ta joie, ton orgueil.

Chaque matin, tu espionnes mes allées et venues sur Google. Tu consultes ma page Linkedin. Tu te questionnes. «  Il est rendu si bas que ça? » « Il fait quoi maintenant? » « Rien que ça? » « Il a engraissé à ce point? Attends que j’en parle à tout le monde, on va rigoler! »

Tu me fais chier.

La dernière fois que nous nous sommes vus, c’était dans une salle de réunion. La grande. Celle avec des œuvres d’art et un mini-bar. Celle que le président Ramball-Cochet utilise pour parler de lui et qu’il verrouille à clé, de peur que l’on parte avec un tableau ou une bouteille de whisky.

De toute façon, moi, Miyuki Tanobe…

Tu te souviens? J’étais alors ton pire cauchemar, bien que j’en vivais un gros moi-même. Tout éclatait chez moi. Avec l’arrivée d’un petit plus rapidement que prévu, avec tout ce que cela implique en matière d’inquiétudes, je devenais un être plus difficile à gérer, disons…

Monsieur Ramball-Cochet n’aime pas les gens qui éclatent sous toutes sortes de pression. Les vépés non plus. Même chose pour les directeurstrices…

Il fallait faire un exemple. J’énervais. Je ruais souvent dans les brancards. J’étais risible. Le candidat parfait. Et vous buvez à votre bonheur et votre succès. Pendant ce temps, mon chemin de Damas se poursuit et toi, ça te fait rigoler.

Tu me fais chier. De profundis… Du fond de mon abime, dans la cale de mon épave. Tu me fais chier. Mais c’est toi qui va essuyer!

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