Mercredi matin – la cinquième heure

L’urgence. L’insécurité. Les statuts Facebook qui se succèdent pour une vigie au pied de l’édifice Galaxie, en mémoire de la salope que j’ai fait sautée dans l’explosion de sa voiture.

-Viens-tu? M’écrivait Elvire, une ex-collègue. Elle t’aimait bien, au fond…

Elle m’aimait bien au fond, au bas de l’échelle, là où je n’aurais pas terni son prestige.

-Non, malheureusement, j’ai un dîner avec mon patron. De toute façon, il y a des visages que, même dans le deuil, je ne souhaite pas entrevoir.

En particulier, celui de ma prochaine cible. Elle se fera certainement un devoir de m’évincer de la cérémonie et de faire précipiter les choses, soit sa mort éventuelle, ce que je ne veux pas.

Son assassinat doit se faire de manière calculée, avec beaucoup de doigté et sans éveiller le moindre soupçon sur ma personne. D’ailleurs, le meurtre spectaculaire de mon ex-patronne m’élimine d’office de la liste des suspects. Jamais je n’aurais pu utiliser des explosifs pour arriver à mes fins. Je suis trop gothique pour ça… Le TNT, c’est pour les douchebags, pas pour les intellectuels tourmentés comme moi !

-C’est dommage. On aurait pu aller casser la croûte ensemble. J’aime parler avec toi.

Des avances? Même à ça, un tueur de peut succomber. Bien que Elvire… Quelques baisers volés lors de partys de bureau, sans plus.

-Peut-être une autre fois. Un lunch d’affaires, c’est un lunch d’affaires.

(Fin de la cinquième heure)

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