Palm Beach Blues II

J’ai le cœur léger et la tête dans des nuages “cinq étoiles”… Je quitte en ce moment même le penthouse de mes parents en compagnie de ma femme pour un road trip sur South Ocean blvd. Au volant de la Bentley bleue de mon père, je roule tranquillement parce que la limite est de 30 miles à l’heure et la police de Palm Beach est partout.

Ce soir, Jack Kerouac porte des loafers et parle de golf. Il a troqué ses jeans sales pour un pantalon de coton. Ce soir, Allen Ginsberg écoute Charles Aznavour parce qu’il ignore comment enlever le CD dans la voiture sans tout dérégler…

Avant de partir, mon père m’avait laissé une liasse de billets verts et m’avait conseillé d’être généreux sur les pourboires, question de perception. Toujours. Lorsqu’on est vu par les valets confortablement installé dans une Bentley, ces derniers s’attendent à ce que l’on « tippe » bien.

Or, plus souvent qu’autrement, les ultra-riches sont les plus pingres à ce niveau… Pas chez moi. Mon père n’a jamais été chiche sur les pourboires et ce n’est pas son fils qui va chambouler cette tradition, que non!

Le ciel est maussade à Palm Beach. Une vague de froid provenant d’on ne sait où (probablement les Grands Lacs, comme toujours), est venu décevoir les vacanciers en provenance du Canada et de la Nouvelle-Angleterre qui souhaitaient de la chaleur humaine et un bon bronzage durant le temps des Fêtes. Heureusement que pour les résidents “secondaires” de Palm Beach, le soleil allait bientôt revenir.

En attendant, des achats compulsifs sur l’avenue Worth réussissent à bien le remplacer!

La balade se fait dans le calme. On dirait un film au ralenti. Behind The Wheel joue en boucle dans ma tête pour enterrer Charles Aznavour qui s’entête à me chanter Sa Bohêêêêêême…

Notre Bentley est notre camouflage dans cette contrée d’opulence. Cela se passe généralement à notre gauche avec les grands manoirs, celui des Trump, des Desmarais, de Mick Jagger, de Rod Stewart.

Une idée folle me traverse alors l’esprit, après une gorgée de Samuel Adams : après notre repas chez Charley’s Crab, pourquoi ne devrions-nous pas louer une chambre au Breakers pour une sieste de quelques heures. Ça serait passionnant de baiser dans un décor d’inspiration vénitienne, mais c’est seulement une fantaisie. Poursuivons, à la place, cette conversation passionnante sur nos familles respectives et la chance que nous avons d’avoir mon père pour nous faire vivre autant de sensations fortes. Oublions mon petit travail de rédacteur et plongeons dans l’illusion.

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