Fantasme rhétorique ou Fétichiste de l’esprit pied

Kitsch

N’est-ce pas qu’elle semble figée dans le temps, notre chambre de motel anonyme sur la 117? Toi et moi sommes dans le décor d’une sitcom de Télé Métropole dans les années 70… Toi et moi sommes des visiteurs d’un passé qui se trouve parfois dans nos livres de Ducharme. Je sais que tu l’aimes, cet écrivain. Rappelle-toi ce soir où tu étais venue avec moi voir L’hiver de force parce que ma femme voulait pas…

Cette petite chambre faiblement éclairée s’avère l’endroit idéal pour regarder Le Banquier en nous extasiant, à l’abri de nos conjoints universitaires et membres des Amis du Musée des beaux-arts de Montréal qui riraient de nous et qui ne comprendraient pas notre passion pour la richesse de l’ordinaire…

La richesse de l’ordinaire, comme c’est beau!

Ensemble, trichons notre magistrale culture générale et réfugions-nous entre les cuisses de la culture populaire,où il fait chaud, où les rires aigus et la jouissance sont d’une sincérité déconcertante.

La culture populaire et les gens heureux qui s’excitent à l’idée de découvrir “de la grosse argent” dans des valises ont sur nous l’effet d’un aphrodisiaque apaisant, un dégourdissement de l’esprit qui nous met, ma bonne amie et moi, dans une sorte de transe, une expérience alternative que nous voulons en aucun moment partager avec nos cercles littéraires et artistiques.

Des plans pour passer pour des cocus de la culture ou quelque chose du genre!

Auparavant, nous avions pris notre temps en discutant politique, elle et moi, histoire de se détendre et surtout de ne pas brusquer les choses. Allongés sur le lit, cette phrase de sir Wilfrid Laurier nous avait particulièrement allumée : “Les Canadiens français n’ont pas d’opinions, ils ont des sentiments”. Pourquoi en étions arrivés à citer du Laurier? Le conflit étudiant et bien d’autres choses.

Je faisais exprès de te reprendre parce que tes arguments me faisait rêver.

Vois-tu, j’aime ton rire lorsqu’il est ceinturé de ton rouge à lèvres. J’aime tes yeux qui s’embrasent lorsque tu sens perdre un débat et que tu lances une contre-attaque d’idées. On dirait une reine sur un échiquier qui n’en a rien à chier des pions.

En petite tenue, on boit de la 50 à la bouteille et on crie “RE-FU-SÉ”! à tue-tête. On se tient presque la main tellement les beautés nous excitent. Les folies de Julie Snyder et les danses loufoques du concurrent qui, transporté par la foule, s’embarque dans une tirade de jeux de mots en rapport avec son uniforme de pompier, sa lance et les beautés sur l’estrade qui attendent patiemment, valise en main, que le spectacle d’humour se termine enfin.

Et c’est là que nos lèvres se sont rencontrées. Mais avant, je t’ai fait remarqué que ton sein dépassait de ta nuisette.

Bien entendu, nous avons fait l’amour de façon torride et bestiale. Et ça, n’était pas prévu au programme.

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