Cette meute

Littérature québécoise

Je les entends venir de loin. Toujours. Toujours venir de loin. D’un pas décidé. D’un pas alerte. En basket ou en tong. Toujours. Une meute parfaite. La fourrure fournie. L’égo à la place du panache. À la recherche d’un miroir pour s’assurer que leur démarche soit digne. À la recherche d’un panneau publicitaire leur rappelant ce à quoi ils doivent ressembler. Le rétroviseur dans leur voiture sert enfin à quelque chose avant de sortir et de se faire voir au monde. Leur troisième carte de crédit aussi. Je les entends parler de leurs gosses. Les portes de leur Range Rover blanc sont pourtant bien fermées. Les vitres remontées. L’air climatisée favorise leur fraîcheur. On ouvre. Les voilà. Je les entends venir de loin. Leurs pas feutrés font tout de même un boucan d’enfer. Leur démarche provoque ce bruit dans ma tête. Ces claquements de talon. Ce bruit de cuir qui se froisse. Le couic-couic de la condescendance. Suis-je le seul à penser de la sorte ? Je consulte le temps. Il me répond de continuer ma route, simplement.

Cette meute…

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